
Longtemps considérée comme une ressource inépuisable et gratuite, l'eau potable est aujourd'hui de plus en plus rare, polluée et chère. Dès lors, comment gérer au mieux les ressources disponibles, sans gaspillage ?
La consultation des Audois, dans le cadre du questionnaire qui a permis de cibler les priorités pour le projet, a confirmé que “la préservation des ressources en eau” était une des préoccupations essentielles des citoyens. 80 % des personnes l’ont notée comme une priorité.
Compte tenu de l'augmentation démographique, les besoins en eau seront toujours plus importants : ainsi on estime qu'en 2030 avec 100 000 habitants permanents en plus, la consommation supplémentaire sera de 6 millions de m3, ce qui signifie que l’Aude aura besoin de10 millions de m3 de ressources supplémentaires par an si l’on tient compte des fuites importantes des réseaux de nos villes et villages.
Si l'on ajoute à cela les changements climatiques qui risquent d'accroître la fréquence et la gravité des épisodes de sécheresse (augmentation de température et diminution des précipitations), la question de l'accès à l'eau est un des enjeux fondamentaux pour notre territoire.
Le Conseil Général en est conscient ; il s'est engagé depuis quelques années, à travers le programme ALDAE, pour développer une véritable politique de gestion de l'eau en y associant tous les partenaires, depuis les communes ou syndicats responsables de l'adduction d'eau jusqu'aux consommateurs en passant par les agriculteurs, les sociétés fermières…
Améliorer la qualité de l'eau passe forcément par une amélioration du traitement des eaux usées et la protection des captages d'eau potable.
L'objectif est de limiter les pesticides et les herbicides de façon drastique et, à terme, de ne plus les utiliser pour éviter la contamination des eaux superficielles.
Les agriculteurs ont déjà engagé des démarches dans ce sens.
Il faut maintenant les élargir à la gestion des espaces publics et aux pratiques de jardinage.
Cela passe par la sensibilisation des utilisateurs, collectivités comme habitants, à la nocivité de ces produits et la mise en œuvre de méthodes alternatives.
Il s'agit pour le Département de créer les conditions d'une solidarité départementale en incitant la fédération des syndicats d'Adduction en Eau Potable à intégrer l'ensemble des communes et à s'organiser avec l'ensemble des distributeurs d'eau pour que les notions de gestion raisonnée de la ressource prennent le pas sur l'esprit concurrentiel.

Il s'agit de travailler en direction de tous les publics (élus, particuliers, professionnels), en développant des actions de sensibilisation des habitants aux économies d’eau dans toutes leurs activités, y compris le jardinage et la gestion des espaces verts. Au titre de l’exemplarité, la collectivité départementale devra aussi adopter des pratiques durables en matière de gestion de ses espaces publics départementaux.